LIVRE BLANC ACTION 27- LES SENIORS ACTIFS

Publié le par Sophie Marie DELOUIS

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       LIVRE BLANC DE L'ACTION 27
        
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CHAUFFAILLES
F-71170 FRANCE

 

 


2008
Un grand cru pour la planète numérique :

Le Plan Besson 2012 

Livre blanc de l’action 27
(novembre 2008)


Première partie : Les seniors actifs
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                     Vers la seconde partie et la conclusion,
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Mots clefs :
seniors actifs, seniors dépendants, grand âge,  la pédagogie du transfert de savoirs technologiques, intergénération, entourage humain des seniors dépendants, pratique de l’informatique et santé des seniors, coopération inter-ministerielle pour les seniors.

Introduction :

 

La sagesse française a su reconnaître l’apport des ans sur la qualité du bon vin, surtout en Bourgogne … Prendre de la bouteille valorise les hommes tout autant que le vin.

Tel est la portée de l’article 27 dans le Plan Besson. L’article 27, c’est l’affirmation de ce que les seniors ont le droit absolu de pouvoir disposer des services d’Internet accessible par haut débit, partout sur le territoire.

L’action 27 du Plan Besson est historique, et notre association « RIGVI 71 bien vieillir », dans son petit village St Maurice lès Châteauneuf en Bourgogne sud, la reçoit avec joie comme une « bonne action » du gouvernement de jeunes ministres.

RIGVI 71 s’est donné pour mission d’aider la génération des 60 à 90 ans à se familiariser avec le numérique : à « s’alphabétiser », à leur âge puisqu’ils n’ont pas eu la chance d’apprendre cette discipline à l’école.


                     

Ce chalenge nous a conduit à des approches pluridisciplinaires, en  surfant sur des vagues aux eaux traditionnellement séparées, relevant de différents ministères, Nous avons revu assez fondamentalement les pratiques pédagogiques pour les adapter à des personnes riches d’expériences variées,  désireuses de maîtriser les outils de leur temps.

J’ai suivi le conseil d’un ami Ch.V. celui  de ne pas présenter ici, l’activité de l’association RIGVI 71, pour  focaliser l’article sur des recommandations issues de nos travaux. Elles pourront être développées par ailleurs.

En prenant comme base une phrase de l’article 27 du plan Besson : «Environ 1 million de seniors supplémentaires ont acquis une connexion à Internet en 2007 / 2006 mais plus de 5,7 millions de seniors restent e-exclus aujourd’hui en France », cet article a été structuré en deux  parties : l’une s’intéressant aux seniors actifs de 60 à 90 ans avant le grand âge, l’autre aux seniors dépendants.


I. LES SENIORS ACTIFS

 

Les seniors actifs  sont  ou peuvent  devenir autonomes dans la pratique de l’informatique : Ils peuvent apprendre à la maîtriser, jusqu’à plus de 90 ans pour certains d’entre eux..

Qui sont-ils ?

 

  Agés de 60 à 90 ans dont une majorité de femmes,  ils sont en bonne santé, en en phase de représenter 30% de la population française. Ils sont intéressés par l’informatique qu’ils n’ont pas appris. Le premier objectif est souvent de rester en phase avec leur entourage.

  Les usages rencontrés sont très variés, tous « utiles » :

·                     Usages strictement personnels, non lucratifs : jeux, accès aux services bancaires et administratifs, lecture les journaux sur Internet …

·                     Usages personnels lucratifs tels que le travail à distance ou à domicile,

·                     les usages sociaux « personnels » la messagerie, les échanges de photos.  La « visio, audio conférence », les forums, c’est une présence malgré la distance qui maintien de liens amicaux et intergénérationnels.

·                     Usages sociaux communautaires bénévoles ou rémunérés pour les membres ou responsables d’associations. J’inclus ici le tutorat de seniors vers des plus jeunes et le management d’associations où l’informatique permet une  rationalisation de la logistique,

·                     les usages sociaux inter communautaires , en local, du local vers le national et  l’international (exemple les forums France Canada, France- Suisse, France- Maghreb).


LES RECOMMANDATIONS :

Sensibilisation du public :

L’apport actuel :  humain , sociétal, économique des seniors actifs reconnu comme une chance au Quebec n’est  pas réellement  perçu en France.

Il est très difficile de sortir du schéma politiquement correct : « faire travailler les vieux jusqu’à 70 ans, après ils sont dépendants ». La réalité est autre :Les 60-80 ans actifs peuvent être souvent considérés comme une « génération pivot » de leur milieu d’appartenance .

Le racisme anti- âge existe-t-il ?.

 

 è Faire connaître et admettre l’âge des leaders actifs dans toutes les branches universitaires, sociales, économiques, artistiques ….de la société française en 2008.

è Sensibiliser les seniors actifs au bénéfice des services informatiques et au fait qu’ils peuvent parfaitement apprendre à les maîtriser et que leur vie personnelle et sociale en sera changée.

è Sensibiliser les formateurs au contexte particulier de l’acte pédagogique de transfert de savoir faire à des adultes lorsque ceux-ci doivent tout acquérir : nouveaux repères, nouveaux comportements, gestion du temps, nouvelles prises en charge de leurs connaissances, et gérant, au départ un grand complexe d’infériorité.

Formation : qui, à quoi, comment, bonnes pratiques et études pilotes :

è Considérer l’alphabétisation numérique des adultes seniors, intelligents,  en bonne santé et actifs comme un domaine d’innovation méthodologique dont la portée aura des retombées sur tout le système éducatif.

è Les seniors actifs ont droit à cette alphabétisation sans laquelle ils ne peuvent utiliser les ordinateurs ni en soi ni pour les services qui amélioreront le confort et l’efficacité de leurs divers engagements.

è Des « bonnes pratiques » existent à petite échelle il est souhaitable de les évaluer puis d’en tirer un cahier des charges pour un appel à projet d’envergure nationale.

Je propose ici quelques lignes sur l’expérience de RIGVI 71 : le schéma de base de la formation est le suivant : une formation initiale d’une vingtaine d’heures sur les machines et les logiciels de bureautique et de Internet du commerce, non bridés par une approche globale et personnalisée (cours individuels).  Puis des formations pouvant être données à des petits groupes (6 à 8),  orientées sur les besoins des seniors c'est-à-dire sur leurs centres d’intérêts et de responsabilité. Cette formation est plus efficace si elle s’insère dans le milieu de référence du senior : famille, quartier, association …

è Reconnaître et soutenir les associations ou les organismes organisant des formations ou des activités numériques pour les seniors en 2008.   Les faire bénéficier des mêmes avantages que celles qui sont consacrées aux jeunes, et des mêmes dispositions financières  que celles qui sont accordées aux associations de sport physique pour les retraités.  

è Assurer une coordination des travaux des organismes missionnés pour  la formation des adultes en incluant la génération des seniors actifs :  Sont concernés, en particulier :

-          Le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Education Nationale de l’Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique, chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non Formelle.

-          L’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme.

è Inclure une formation des formateurs de seniors à la pratique de la formation à distance en utilisant  les outils actuels de base tels que la  visio-audio-conférence (les X-messenger).

è Créer des événements mobilisateurs propres aux seniors.

 

Rôle des communautés territoriales :

 

   Il s’agit bien de favoriser le passage à une civilisation de la coopération et de la communication, confortée par la banalisation de l’usage des outils numériques,  et non de se contenter de formations individuelles.

 

è Considérer l’alphabétisation numérique des seniors actifs comme une mission des communautés de communes pouvant être source d’emploi, et aux retombées directes et indirectes considérables sur l’ensemble de l’activité humaine et économique.

è Les communautés de communes qui se sont engagées dans les actions pour un Internet citoyen devront être prioritaires : dans l’accès pour tous aux très hauts débits, dans l’information sur les appels à projets, et dans l’expertise des réalisations sur le terrain.

è Etendre les services numériques dus aux seniors actifs aux foyers pour personnes retraitées (non médicalisés).

Rôle du gouvernement dans le cadre de la problématique soulevée par l’action 27 du plan Besson recentrée sur la population des seniors actifs

 

è Tirer les conséquences d’un vieillissement effectif de la population et de la chance de l’émergence d’une génération active, compétente, et assurant déjà des responsabilité de cohérence sociale. Son alphabétisation numérique lui est due et sera bénéfique à tous.

è Recenser le nombre de seniors actifs atteints de longues maladies et leur donner des avantages particuliers dans leur accès à l’usage de l’informatique (accès au réseau, acquisition de matériel, formation).

è Recenser le nombre de seniors actifs hébergeant à temps complet ou partiel un adulte handicapé et leur donner des avantages particuliers dans leur accès à l’usage de l’informatique (accès au réseau, acquisition de matériel, formation).

è Coordonner les travaux de recherche appliquée vers le soutien de solutions innovantes sur le terrain.

è Favoriser les administrations territoriales déjà engagées dans  les actions pour un Internet des seniors actifs  citoyens.

è Il serait utile de recommander la présence d’un informaticien (usages et techniques) dans tous les conseils municipaux.

è Encourager les sections syndicales focalisées sur les valeurs et les besoins des seniors actifs.

è Inclure au moins un senior actif parmi les ministres du gouvernement

è Coordonner les actions des différents ministères des nouvelles technologies, de la santé, de l’éducation, du territoire autour de la connaissance et de l’alphabétisation numérique de cette génération de seniors actifs (bientôt 30% de la population).

 

OoO

 

 


II. LES SENIORS DEPENDANTS

  L’utilisation de l’outil informatique prend des formes totalement différentes de celles qui sont souhaitées par les seniors actifs.

  La base à retenir est que le plus souvent, l’outil ne peut être mis en œuvre qu’avec le  soutien  d’une personne affectueuse et de confiance. Contrairement à ce que l’on trouve pour les seniors actifs l’informatique ne se suffit pas en soi mais devient un complément exceptionnel  dans un contexte relationnel.

Qui sont-ils ?

 

  Agés de 60 à 110 ans dont une majorité de femmes,  ils doivent être moyennement ou très assistés dans leur vie quotidienne :

-                      Soit exclusivement par des personnes de la famille souvent leurs enfants eux-mêmes seniors,

-                      Soit en remplacement des parents ou en complément de ceux-ci par des services d’aide à domicile, ou par un personnel spécialisé dans les foyers pour retraités.

-                      Soit dans les établissements  hospitaliers pour personnes âgées dépendantes.

-                      Soit à l’hôpital pour un séjour de courte ou moyenne durée suite à un accident de santé

  Leur nombre est bien inférieur à celui des seniors actifs.

  En France en 2008, 10% seulement des seniors habitant dans des maisons de retraites ou dans des services hospitaliers spécialisés reçoivent des visites de leurs familles ; cet isolement affectif ne peut que très partiellement être compensé par le dévouement des services de gérontologie et par des associations de bénévoles « inter générations ».

 Nous proposons de distinguer :

·         Les services permettant de garder des liens sociaux : messagerie et visio-conférence sur des systèmes extrêmement simples. A titre d’exemple la création d’un système de  visioconférence  branché sur la télévision mettant en mémoire les adresses de proches. Ce système, à l’usage des seniors fragilisés, dépendants, a été conçu par le Pr. R. Goutte, breveté par un laboratoire de l’INSA de LYON (CREATIS) ; il est actuellement commercialisé.

·         Ceux qui permettent de retrouver le contexte de son passé : images anciennes, anciens artistes, musiques et chants, etc

·         Les services ludiques pédagogiques de santé mentale, mettant en action la gestuelle, et une pluri-sensorialité (son, images, animations, écriture, stratégie, gratification …) La création  de ces logiciels est une spécialité française.

·         L’usage d’Internet et de la bureautique lors de phases initiales de maladies mentales lourdes. Il a été démontré que des résultats très encourageants sont obtenus. Citons les travaux de Mme Marie-Thérèse Judic - "L’usage d’Internet avec des malades Alzheimer… Pourquoi pas ? »  (travaux présentés aux ROUMICS 2008 de LILLE) -

 

  Dans les années futures, les aînés qui se seront familiarisés avec l’outil informatique dans leurs premières années de vieillesse resteront plus longtemps autonomes grâce à cet outil.       Aujourd’hui le contexte est tel qu’il faut envisager des usages sans apprentissage pour les seniors dépendants et une formation aux usages des personnes aidantes (familles, bénévoles, personnels professionnels d’accompagnement dans la limite de leur temps disponible)

 

Note : L’étude des appareils informatique d’aide au confort physique des personnes malades  quelque soit leur âge, et du personnel,  n’entre pas dans le cadre de cet article.

 



RECOMMANDATIONS  Elles sont données dans la seconde partie de cet article.

 Vers la seconde partie de l'article : LIVRE BLANC : LES SENIORS DEPENDANTS (cliquer ici)

 

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S
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A
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